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Communauté latino-américaine : de la visibilité vers une participation toujours plus large, durable et reconnue à la vie québécoise

Par Levy Barragán

Au-delà des services consulaires qu’il offre, le Consulat général du Mexique à Montréal déploie un programme d’activités dynamique qui comprend des projets culturels, des activités éducatives, des initiatives de soutien social, des programmes visant à renforcer l’entrepreneuriat ainsi que des rencontres favorisant la concertation communautaire. Cette approche permet aux initiatives de ne pas dépendre exclusivement de l’agenda consulaire, mais de trouver également un écho auprès des membres de la communauté eux-mêmes.

Cette synergie contribue à renforcer le rayonnement du Mexique auprès de la société québécoise. Les activités culturelles et les rencontres artistiques deviennent autant d’espaces d’échange où la gastronomie, la musique, les traditions et l’histoire mexicaines prennent vie à travers des expériences partagées dans le contexte multiculturel de Montréal.

C’est précisément sous cet angle que l’on peut apprécier le travail du Consulat général du Mexique à Montréal : sa capacité à créer des liens entre les différentes réalités de l’expérience migratoire, de la préservation de l’identité culturelle à l’accompagnement social, en passant par le développement professionnel.

Dans le cadre des célébrations du Mois du patrimoine latino-américain, nous avons rencontré le consul Víctor Treviño, qui nous parle de la contribution de la communauté latino-américaine à la société québécoise.

 

Considérez-vous que la communauté latino-américaine établie à Montréal a évolué au fil des ans sur le plan de l’éducation, de la formation et de ses aspirations ?

Sans aucun doute, la communauté latino-américaine de Montréal a connu une transformation importante, non seulement en ce qui concerne sa présence et sa participation à la société québécoise, mais également sur le plan de la diversité de ses profils professionnels, universitaires et culturels.

Aujourd’hui, notre communauté compte des professionnels hautement qualifiés, des chercheurs, des étudiants, des entrepreneurs, des artistes et des travailleurs spécialisés qui contribuent au développement économique, social et culturel du Québec.

Dans le cas de la communauté mexicaine, nous constatons un intérêt marqué pour la formation universitaire, l’apprentissage des langues, l’entrepreneuriat et l’intégration à des secteurs stratégiques. De plus en plus de personnes souhaitent non seulement s’établir à Montréal, mais aussi y bâtir un projet de vie à long terme, poursuivre leur formation et créer des possibilités pour les générations futures. Il convient également de souligner que la majorité des personnes qui exercent des rôles de leadership au sein de notre communauté mexicaine sont des femmes.

Il faut toutefois reconnaître que cette évolution n’a pas été uniforme. Des défis persistent, notamment en ce qui concerne la reconnaissance des diplômes et des compétences professionnelles, les barrières linguistiques et l’accès à des possibilités d’emploi correspondant aux qualifications des personnes immigrantes.

À nos yeux, l’un des aspects les plus remarquables de cette transformation est que la communauté latino-américaine n’est plus uniquement bénéficiaire des possibilités qui s’offrent à elle : elle est également devenue une source de savoir, d’innovation, de création d’emplois et de propositions culturelles.

Les communautés mexicaine et latino-américaine ne font pas seulement partie de la diversité montréalaise : elles contribuent activement à son développement et à la construction de son avenir.

 

Quels sont les principaux défis auxquels la communauté latino-américaine établie à Montréal doit faire face dans les domaines de la gastronomie, de la culture, des arts et des médias au sein de la société québécoise ?

La communauté latino-américaine possède une richesse culturelle exceptionnelle qui s’exprime à travers sa gastronomie, ses manifestations artistiques, ses traditions et ses médias. Par son caractère multiculturel et son ouverture à différentes expressions culturelles, Montréal offre un environnement propice au partage de ce patrimoine.

L’un des principaux défis consiste néanmoins à faire en sorte que ces manifestations culturelles dépassent les espaces propres à nos communautés et acquièrent une présence plus large et durable au sein de la société québécoise.

Dans le domaine de la gastronomie, par exemple, plusieurs entrepreneurs ont réussi à faire une place à la cuisine mexicaine et latino-américaine dans le paysage culinaire montréalais. Ils doivent cependant composer avec différents défis, notamment les coûts d’exploitation, l’accès au financement, la distribution des produits et la consolidation de leurs entreprises.

Sur le plan culturel et artistique, l’enjeu est d’élargir les possibilités de diffusion, de circulation et de reconnaissance offertes à nos créateurs. Il importe que les talents latino-américains puissent prendre part à des festivals, à des activités d’institutions culturelles et à des projets de collaboration avec des artistes d’ici, au-delà des célébrations traditionnelles organisées par nos communautés.

Les médias, quant à eux, jouent un rôle fondamental. En plus de tenir les communautés immigrantes informées et de favoriser les liens entre leurs membres, ils ont la possibilité de jeter des ponts avec la société québécoise, de lutter contre les stéréotypes et de donner de la visibilité aux parcours de réussite, mais aussi aux besoins et aux préoccupations de notre population.

La maîtrise du français constitue un facteur transversal. Elle facilite l’intégration, l’accès aux milieux institutionnels ainsi que l’établissement de relations professionnelles et culturelles.

Au Consulat général du Mexique à Montréal, nous estimons que la promotion culturelle doit s’accompagner du renforcement des réseaux de collaboration entre les entrepreneurs, les artistes, les professionnels des médias, les institutions et les organismes communautaires.

Notre objectif doit être de passer de la visibilité culturelle à une participation toujours plus large, durable et reconnue à la vie québécoise, sans pour autant perdre l’identité et les racines qui enrichissent nos communautés.

 

Quels sont, selon vous, les principaux points de convergence entre le Mexique et le Québec dans les domaines de l’économie, du développement, du commerce, des sciences et des technologies ?

Le Mexique et le Québec entretiennent une relation historique qui s’est progressivement développée vers une coopération de plus en plus diversifiée, fondée sur des intérêts économiques communs, des liens institutionnels et une vision partagée de l’importance de l’éducation, de la recherche et de l’innovation pour le développement.

Cette relation repose sur des bases solides. Rappelons que le Mexique a établi un consulat honoraire à Montréal en 1888 et que la Délégation générale du Québec au Mexique a commencé ses activités en 1980. De plus, le Groupe de travail Québec-Mexique, créé en 1982, constitue un mécanisme important pour favoriser la réalisation de projets conjoints dans les domaines de l’éducation, de la culture, de la recherche et de l’innovation.

Sur le plan économique et commercial, des possibilités de complémentarité se dessinent dans des secteurs tels que l’aérospatiale, les technologies de l’information, les sciences de la vie, l’agro-industrie et les énergies propres.

Le Mexique représente un marché d’importance pour les entreprises québécoises, tandis que le Québec offre un environnement propice à la recherche, au développement technologique et à l’innovation, susceptible de favoriser de nouveaux partenariats avec les institutions et les entreprises mexicaines.

Par ailleurs, malgré les défis récents, nous pouvons compter sur le cadre établi par l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM), qui contribue à assurer la prévisibilité des échanges commerciaux et à renforcer l’intégration économique entre le Mexique et le Canada — et, bien entendu, le Québec.

Un exemple récent du dynamisme de cette relation est la mission commerciale mexicaine au Canada, qui s’est déroulée du 6 au 8 mai 2026. Celle-ci comprenait notamment des activités à Montréal et à Toronto et a permis de faire progresser plusieurs accords dans des secteurs comme les sciences de la vie, l’agroalimentaire, l’éducation et les industries créatives.

Dans les domaines des sciences et des technologies, nous voyons des possibilités particulièrement importantes en intelligence artificielle, en transition énergétique, dans les technologies de la santé, la recherche appliquée et la transformation numérique.

Ces secteurs s’inscrivent dans les priorités de coopération du Plan d’action Canada–Mexique 2025-2028, qui vise à renforcer les liens entre les gouvernements, les universités, les centres de recherche et les entreprises.

Nous considérons également la mobilité universitaire et scientifique comme un élément fondamental. Les échanges d’étudiants, de professeurs et de chercheurs permettent de partager les connaissances, de mettre sur pied des projets conjoints et de former des talents capables de répondre aux défis auxquels nos sociétés sont confrontées.

Dans une perspective consulaire, nous reconnaissons également le rôle de la communauté mexicaine en tant que trait d’union entre nos deux sociétés. Nos étudiants, scientifiques, professionnels et entrepreneurs contribuent à tisser des réseaux de collaboration susceptibles de se traduire par des possibilités concrètes pour les deux pays.

Le potentiel de la relation entre le Mexique et le Québec ne se limite pas aux échanges de biens et de services. Il réside également dans notre capacité à partager les connaissances, à stimuler l’innovation et à bâtir des partenariats à long terme qui génèrent du bien-être et des possibilités pour nos sociétés.

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Saul
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