Entretien Avec Le Président De Cancham Au Mexique
- Editor
- mars 1, 2023
Le Canada est en train de consolider sa position de deuxième partenaire commercial du Mexique.
Enrique Zorrilla Fullaondo a plus de quarante ans d'expérience dans le secteur bancaire mexicain. Il est titulaire d'un diplôme de l'UNAM, d'un autre diplôme de l'Universidad Iberoamericana et d'études de troisième cycle à la Northwestern University. Aujourd'hui, fort de la mission qui lui a été confiée en tant que président national de la Chambre de commerce canadienne au Mexique, il affirme qu'à la suite du « Dixième sommet des leaders nord-américains », les défis de la mobilité de la main-d'œuvre et de l'éducation sont essentiels pour renforcer les relations entre le Mexique et le Canada.
Lors d’un entretien décontracté par Zoom, accompagné d'Allison Jorge, directrice régionale de CanCham à Bajío, Enrique Zorrilla s’est prononcé sur les grandes lignes sur l'évolution du travail bilatéral entre le Mexique et le Canada, les perspectives d'investissement canadien et les facteurs qui le renforcent actuellement, lesquels, dans un avenir proche, positionneront le Canada comme le deuxième pays au monte en matière de volume d’investissement au Mexique.
Interviewé dans le contexte du 40e anniversaire de CanCham, sur l'évolution des relations commerciales entre le Mexique et le Canada, il a répondu :
« Bref, nous avons constaté une évolution favorable depuis la création de la Cancha. Nous avons bénéficié d’investissements emblématiques comme ceux de Bombardier, une entreprise de premier rang installée dans l'État de Querétaro, qui a littéralement bâti le secteur aéronautique et renforcé les opérations de l'Universidad Aeronáutica de Querétaro (UNAQ). Suite au dixième sommet, lors d'une fructueuse réunion avec des gens d'affaires, le Premier ministre Justin Trudeau a souligné l'importance de la nouvelle étape dans laquelle le développement économique canadien se trouve actuellement au Mexique, dont témoigne la concurrence égale que ce pays représente pour l'Espagne en occupant la deuxième place en termes d'investissements étrangers au Mexique ».

Enrique Zorrilla a estimé que l'un des nombreux projets qui consolideront sûrement le Canada comme deuxième partenaire commercial du Mexique, représentant 4,5 milliards de dollars d’investissement, engage Southeast Gateway System, South Texas-Tuxpan, dans la création d’un gazoduc sousmarin de 715 kilomètres et une capacité de 1,3 milliard de pieds cubes par jour, qui part de Tuxpan, à Veracruz, traversant l'océan pour se rendre dans les terres de Coatzacoalcos, à Veracruz et à Dos Bocas, à Tabasco, afin de fournir de l'énergie au sud du pays.
Le système est développé conjointement par l'opérateur canadien de pipelines TC Energía et la Commission fédérale de l'électricité (CFE). Jusqu'à présent, l'investissement global de l'entreprise dans les gazoducs installés au Mexique s'élève à cinq milliards de dollars.
Après le Dixième sommet des leaders nord-américains, l'une des questions qui s’imposait consistait à savoir quels défis la Chambre de commerce canadienne doit relever au Mexique, ce à quoi Enrique Zorrilla a répondu :
« Grâce à l'ALENA (Accord de libre-échange nord-américain) ou à l'Accord de libre-échange pour sa traduction espagnole et au T-MEC (Accord commercial entre le Mexique, les États-Unis et le Canada), les relations entre le Canada et le Mexique ont été renforcées. Le secteur des affaires doit donc travailler à l'unisson pour continuer à renforcer les relations bilatérales entre le Mexique et le Canada. Toutefois, il faut noter qu'au cours de la dernière décennie, les investissements canadiens ont considérablement augmenté. Cependant, les liens sont plus nombreux et ne se centrent pas seulement autour des questions économiques, mais couvrent également des sujets tels que la migration, la mobilité de la main-d'œuvre, l'engagement environnemental avec la neutralisation de l'empreinte carbone, les défis post-pandémiques et le nearshoring (investissement dans une géographie proche). L'économie canadienne est profondément enracinée dans un certain nombre de domaines, dont la foresterie, l'énergie propre et l'exploitation minière, et le Canada est un leader mondial dans ce dernier domaine.
« À proprement parler, les gens d'affaires affiliés à la Chambre de commerce canadienne au Mexique ont une série de défis que nous devons consolider au cours des prochains semestres, car lors de notre réunion tenue avec le Premier ministre, celui-ci a souligné son vif intérêt à donner une plus grande impulsion à la mobilité de la main-d'œuvre et de l'éducation, car le Canada a besoin de talents mexicains dans des domaines tels que le génie, la médecine, le droit, la physique et l'agriculture, entre autres.
Enrique Zorrilla a assuré que, par l'intermédiaire des onze comités de la CanCham et de ses trois chapitres (Mexico, Bajío et Occidente), une attention particulière sera portée au rapprochement entre les entrepreneurs canadiens et le secteur de l'éducation afin de promouvoir des programmes d'éducation bilatérale qui favorisent les talents mexicains en termes d'expérience à l'étranger, ainsi que les entreprises canadiennes qui on ont besoin. Cette intégration permettra de concevoir des programmes clés pour encourager la mobilité des travailleurs et des étudiants. Il a souligné qu'il existe d'innombrables défis à relever qui seront travaillés de manière globale pour leur bonne réalisation, dont l’augmentation des investissements dans le sud-est mexicain, car c’est 'un secteur potentiel de développement économique et social.

Pour conclure l'entretien, on lui a posé la question savoir lesquels des 32 États de notre pays, le Mexique, ont le plus grand impact des investissements canadiens.
« Je crois qu’il y a environ quatre mille entrepreneurs canadiens installés sur le sol mexicain, du micro-entrepreneur à la corporation de plus de mille employés. Parmi les entreprises qui investissent massivement au Mexique, citons : Scotiabank, qui vient d'Halifax, Bombardier, AirCanada, TC Energy, certaines industries minières et, enfin et surtout, le secteur automobile, qui définit également les relations commerciales entre le Mexique et le Canada, le Canada étant un allié solide du Mexique dans ce domaine. Je voudrais mettre l’accent sur certains États ponctués par le commerce, dont Zacatecas, avec 36 % des investissements canadiens dans le secteur minier ; 95 % des brocolis consommés au Canada sont cultivés à Guanajuato ; Querétaro, dans le secteur aérospatial, et Sinaloa, Nuevo León, Coahuila, Guerrero, Mexico, Chihuahua, pour ne citer que ceux où les investissements canadiens sont les plus importants. »
Enrique Zorrilla assure que la Chambre de commerce du Canada au Mexique s'est consolidée en tant que communauté responsable d'entrepreneurs travaillant à transférer la mission, la vision, les valeurs et les objectifs des accords commerciaux entre les trois pays qui sont aujourd'hui dirigés par le président des États-Unis d'Amérique, Joe Biden, le président du Mexique, Andrés Manuel López Obrador, et le premier ministre canadien, Justin Trudeau.
Entretien réalisée par Karla Gonzalez.

Karla Gonzalez
Karla Gonzalez est mexicaine. Elle est titulaire d'un baccalauréat en communication du Colegio Liceo, a suivi des études partielles du master en communication organisationnelle de l'Universidad La Salle Bajío et elle étudie actuellement en vue de l’obtention d’un diplôme en communication et réputation des entreprises à l'Universidad ANAHUAC Norte, à CDMX. Elle a 19 ans d'expérience dans le journalisme, les campagnes électorales, la communication interculturelle et la communication sociale et d'entreprise. Elle est consultante en communication, mère, fille, épouse et cycliste à ses heures perdues.
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