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Défis et opportunités en maladies cardiovasculaires

À l’image des pays industrialisés, le Canada et le Mexique sont confrontés à des défis majeurs dans le développement et la commercialisation de nouveaux produits médicaux. Dans le secteur pharmaceutique, les sociétés pharmaceutiques et les agences gouvernementales travaillent à conclure des accords pour faciliter l'entrée sur le marché de produits cliniquement testés et approuvés par les autorités de santé publique.

Compte tenu du fait que les ressources financières du gouvernement seront toujours limitées, du temps requis pour développer des produits innovants, ainsi que de toutes les étapes qu'elles doivent franchir pour être approuvées en termes d'efficacité et de sécurité, le processus de mise à disposition au public reste très exigeant. Nous discuterons ici de Ceapro Inc, une société canadienne de biotechnologie spécialisée dans le développement et la commercialisation d'ingrédients actifs dérivés de l'avoine pour les industries des cosmétiques et des soins de santé, elle continue d'étendre et de développer ses deux produits phares : le bêta-glucane d'avoine et l'avenanthramide.

 

Bêta-glucan et Avenanthramide : De nouvelles opportunités thérapeutiques

Ces deux produits sont déjà présents dans de nombreuses marques réputées de cosmétiques et de produits d'hygiène personnelle. Le bêta-glucan d'avoine stimule efficacement la synthèse du collagène et hydrate profondément la peau (épiderme et derme), atténuant les rides et permettant la cicatrisation des plaies avec un minimum de cicatrices. Pris par voie orale, le bêta-glucan d'avoine réduit le taux de mauvais cholestérol et est reconnu par les autorités sanitaires pour ses propriétés bénéfiques sur la "santé cardiaque" au Canada, aux États-Unis, en Australie et en Europe. L'avenanthramide agit comme un antioxydant naturel, un anti-irritant et un anti-inflammatoire. Dans des formulations orales, il pourrait traiter des affections systémiques causées par l'inflammation. M. Denis Bilodeau, président et propriétaire de iR&D2 Inc. et conseiller stratégique chez Ceapro Inc. nous en parle dans une entrevue :

 

Depuis combien de temps Ceapro Inc. est-elle impliquée dans le développement de nouveaux produits et que développez-vous actuellement en termes d’innovation ?

M. Bilodeau : Ceapro Inc. développe des produits depuis 26 ans ; à l'origine, le développement était axé sur les ingrédients destinés au secteur des cosmétiques. Conformément à la vision du PDG de Ceapro, M. Gilles Gagnon, l'entreprise a commencé à développer les mêmes actifs en tant que produits nutraceutiques et pharmaceutiques potentiels. Par conséquent, au cours des huit dernières années, l'accent a été mis sur la recherche clinique et les produits de détail, dont certains peuvent être vendus sans ordonnance dans les pharmacies, et éventuellement sur prescription médicale.

Par le biais de mon entreprise iR&D2 Inc., établit depuis 22 ans, j’ai le privilège de contribuer au développement des produits de Ceapro Inc incluant le bêta-glucan et l’avenanthramide. Nous travaillons sur trois niveaux d’innovation. Premièrement, le traitement des ingrédients actifs par le biais de technologies exclusives uniques, telles que l'expansion de gaz sous pression, est affiné afin d'augmenter la granularité des particules et d'améliorer ainsi le rapport dose/effet. Deuxièmement, la création et le développement de nouvelles formulations imposent des impératifs de dissolution concordant à l’absorption de la molécule. Nous sommes heureux de compter sur l’expertise de notre partenaire Corealis à cet égard. Finalement, la mise en place d’une étude de phase I requiert un test de dosage de la molécule administrée. Cette étape implique l’implication d’un laboratoire spécialisé métabolisation et nous avons la chance de travailler avec Altasciences sur cet aspect.

L'un des défis cliniques pour Ceapro Inc. est de réduire l'inflammation en tant que pathologie systémique et circulatoire, qui est devenue une thématique thérapeutique importante. Ainsi mondialement, 3 personnes sur 5 meurent de maladies inflammatoires chroniques comme les accidents vasculaires cérébraux, les maladies respiratoires chroniques, les maladies cardiaques, le cancer, l’obésité et le diabète. La prévalence de certaines maladies chroniques spécifiques médiées par l’inflammation est significative. Dans le cas du diabète, l’American Diabetes Association estime que 30,3 millions de personnes ou 9,4% de la population américaine, avaient le diabète en 2015 représentant la 7ème principale cause de décès aux États-Unis. Pour ce qui est des maladies cardiovasculaires, l’American Heart Association rapportait en 2017 qu’elles représentent 1 décès sur trois, soit environ 800 000 décès aux États-Unis. Globalement, les maladies cardiovasculaires représentent 31% de tous les décès, et les maladies coronariennes (CHD) représentent la plupart des décès dus aux MCV, suivis par les accidents vasculaires cérébraux (1 de 20 décès aux Etats-Unis) et l’arrêt cardiaque.

Dans le cas de l’inflammation systémique circulatoire menant à l'athérosclérose et typiquement requérant la prescription de statines; éventuellement, une nouvelle formulation innovatrice de l’avenanthramide de Ceapro pourrait devenir une option thérapeutique puisque moins portée à induire des effets secondaires, tels les douleurs musculaires. L`avenanthramide de Ceapro a déjà montré des avantages dans la lutte contre l'inflammation des articulations et nous le testerons sous peu en inflammation circulatoire. Il y a donc un potentiel important pour cette molécule.

En décembre 2022, vous avez reçu l'approbation de Santé Canada pour commencer un essai clinique de phase I à IIA, comment cela se passe-t-il ?

M. Bilodeau: Nous l'appelons phase I-IIA, parce que la phase I ne vise habituellement qu'à déterminer la dose maximale tolérée, mais notre objectif est d'aller plus loin et d'évaluer les signes d’activités de la molécule.. Normalement, après l'étude de phase I, il y a une étude de phase II où l'efficacité est mesurée, mais nous avons intégré la phase IIA dans cette étude que nous menons avec l'Institut de cardiologie de Montréal, et nous examinons les signes préliminaire de réponses chez les personnes qui ont une inflammation systémique chronique ou de faible intensité. Il s'agit d'un modèle innovant qui a été approuvé par Santé Canada, et nous allons commencer à recruter les premiers patients cet automne.

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Quels ont été les critères de sélection de l'Institut de Cardiologie de Montréal comme partenaire pour cette étude, et est-il prévu d'inviter d'autres instituts de cardiologie dans d'autres pays ?

M. Bilodeau: Nous avons une relation de travail privilégiée avec l'Institut de Cardiologie depuis plusieurs années. Oui, nous pourrions travailler avec d'autres centres au Canada et aux États-Unis, mais nous préférons poursuivre et développer notre relation avec l'Institut de cardiologie de Montréal et de Dr Jean-Claude Tardif en raison de la qualité du travail que nous avons reçu, du haut niveau scientifique et de compétence de son équipe et de la combinaison de la science et de la proximité clinique avec les patients. C'est un établissement unique qui réunit tous les services potentiels nécessaires à la réalisation d'une étude de cette nature. Le choix est donc assez simple.

 

Quelles seront les implications de la réussite de l'étude lorsqu'elle sera terminée ?

M. Bilodeau : L'implication est que nous aurions la base d'un médicament capable de réduire l'inflammation et donc potentiellement de réduire l'athérosclérose avec peu d'effets indésirables. Ce serait un grand avantage par rapport aux autres médicaments anti-inflammatoires. À cette fin, et ultérieurement, nous mènerons des études comparatives de notre médicament avec d'autres médicaments similaires.

 

Quand pensez-vous qu'il sera commercialisé au Canada, et envisagez-vous de l'introduire en Europe, en Amérique latine, en Asie ?

M. Bilodeau : Nous pourrions espérer le commercialiser dans environ 5-7 ans. L'étude de phase II-III à elle seule prendra 2-3 ans, puis il y aura la phase réglementaire. Il reste un an à l’étude de phase 1, entre 2-3 ans pour notre étude clinique de phase II-III, puis environ deux ans pour l'approbation réglementaire, soit environ cinq ans. Un partenaire commercial et de développement mondial sera choisi après la phase 2a pour s'occuper du développement et de la commercialisation au Canada, aux États-Unis, en Europe et à l'étranger.

 

Pensez-vous que le Mexique dispose des conditions nécessaires pour établir un lien en matière de recherche et de développement, c'est-à-dire pour collaborer à ce type de recherche ?

M. Bilodeau : Le Mexique et le Canada sont tous deux confrontés à des problèmes croissants reliés de maladies inflammatoires. Dans le domaine de la santé publique, aux niveaux bilatéral, régional et multilatéral, les 2 pays ont créé un plan de coopération entre le Canada et le Mexique (https://www.international.gc.ca/transparency-transparence/mexico-mexique/action-plan.aspx?lang=eng). Le premier point est que le Canada et le Mexique continueront à travailler à l'élimination des obstacles au commerce des fournitures médicales et continueront à partager les meilleures pratiques en matière de gestion des pandémies. Deuxièmement, les deux pays s'engagent à concentrer leurs efforts sur le développement de vaccins et de médicaments et collaborer pour en assurer l'accès sur le continent américain.Finalement, le dernier point concerne la coopération face aux futures crises sanitaires. Il s'agit d'un plan visant à concentrer les efforts sur le développement de vaccins et de médicaments. Faciliter l'accès aux produits développés reste un grand défi et la mise en marché reste une grande difficulté, car après l'approbation réglementaire, il y a encore ce que nous appelons l'approbation des formulaires, c'est-à-dire la couverture par l'assurance maladie publique et privée. Ce n'est pas parce qu'un médicament ou un produit informatique a été approuvé par les autorités réglementaires qu'il sera remboursé. Ce point est donc important, surtout dans le cadre d'une future crise sanitaire. Si l'efficacité d’un médicament ou d’un logiciel a été démontrée, le Canada et le Mexique devraient pouvoir en faciliter la mise à disposition. À l'heure actuelle, l’industrie comprend très bien que les ressources du système de santé sont limitées, mais l’espoir demeure que la prise de décision s’accélérera.

 

Pour terminer, souhaitez-vous ajouter quelque chose ?

M. Bilodeau : Nous sommes confrontés à des défis permanents de vitesse de la recherche et de conversion en thérapeutiques commercialisées. Même si un médicament a été développé et approuvé par les autorités de santé, il ne sera utilisé qui si le produit est extrêmement avantageux pour en justifier l’achat.. Ces défis expliquent le taux d'échec élevé des nouvelles entreprises et imposent une créativité constante en résolution de problèmes!

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