Skip to content

Soraya Martinez Ferrada : d’une réfugiée à une figure clé de la politique montréalaise

Rédaction: Levy Barragán

Arrivée à Montréal à la fin des années 1980 comme réfugiée politique de la dictature chilienne, Soraya Martinez Ferrada a vécu une histoire d’intégration et de résilience. Enfant, elle a fréquenté une classe d’accueil pendant que sa mère apprenait le français dans un centre pour nouveaux arrivants. Ensemble, elles se sont bâti une nouvelle vie.

Soraya Martinez Ferrada  a étudié à HEC Montréal (École des hautes études commerciales de Montréal) tout en élevant ses deux enfants. Il y a eu des moments où elle a dû recourir aux banques alimentaires, ce qui a renforcé sa conviction que les services sociaux doivent être suffisants pour garantir la dignité des personnes.

Sa carrière politique débute en 2005, lorsqu’elle est élue conseillère municipale du district de Saint-Michel. À ce poste, elle a participé à des projets de transformation urbaine majeurs, dont la conversion de la carrière Miron en Parc Frédéric-Back, aujourd’hui considéré comme un modèle de développement durable. Elle a également contribué à l’enfouissement des fils électriques sur la rue Jarry, une demande citoyenne en attente depuis plus de quarante ans. De plus, elle a collaboré à l’organisation du Sommet de la culture, qui a mené à la création du Quartier des spectacles, une contribution importante à la vitalité culturelle montréalaise.

Plus tard, comme cheffe de cabinet de Louise Harel, elle a fait partie de l’équipe qui a dénoncé les inégalités dans les services entre arrondissements et les irrégularités présumées dans l’octroi de contrats publics, contribuant ainsi au débat ayant mené à la création de la Commission Charbonneau.

Par la suite, elle s’est éloignée de la politique partisane pour se consacrer à la gestion communautaire et environnementale, notamment au sein de TOHU, un centre culturel et environnemental fondé en 2004 dans Saint-Michel.

Le nom TOHU, en français, évoque le « tohu-bohu », c’est-à-dire le bouillonnement, le mélange vibrant — une métaphore de l’énergie créative et communautaire. 

En 2015, elle fait son entrée sur la scène fédérale comme conseillère principale et cheffe de cabinet au ministère du Patrimoine canadien.

Quatre ans plus tard, elle est élue députée libérale d’Hochelaga, une circonscription qui n’avait pas élu de représentant libéral depuis trente ans. À la Chambre des communes, elle s’est concentrée sur la sécurité alimentaire, le logement et la revitalisation urbaine. Parmi ses initiatives, on compte :

le soutien financier à la première ferme urbaine verticale d’Hochelaga;

la promotion de partenariats entre gouvernements locaux et entreprises privées, notamment pour la création du Parc linéaire de Viauville;

l’appui à plusieurs projets de logements sociaux dans Hochelaga et l’est de Montréal.

Son parcours fédéral comprend aussi des postes de secrétaire parlementaire auprès des ministres de l’Immigration, des Transports et du Logement.

En 2023, elle est nommée ministre du Tourisme et responsable de Développement économique Canada pour les régions du Québec (DEC). Elle organise alors le premier Sommet de l’Est de Montréal, réunissant plus de 700 acteurs économiques, sociaux et communautaires afin de stimuler le développement régional. Elle a aussi mis en place des programmes visant à renforcer l’économie sociale, encourager l’innovation locale et promouvoir le tourisme autochtone au Québec et au Canada.

En février 2025, elle est élue cheffe du parti Ensemble Montréal et brigue maintenant la mairie de Montréal, avec une approche axée sur la participation citoyenne, la transparence et le développement inclusif.

La crise du logement et de l’itinérance

Selon un rapport commandé par l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) pour le Ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), la situation d’itinérance visible aurait augmenté d’environ 44 % entre avril 2018 et octobre 2022.

Lors d’un dénombrement effectué le 11 octobre 2022, environ 10 000 personnes en situation d’itinérance ou hébergées dans des refuges ont été recensées au Québec, dont près de 4 690 sur l’île de Montréal (CityNews Toronto, Infotel.ca).

Un autre dénombrement de nuit, le 23 avril 2024, a estimé à 9 307 le nombre de personnes sans abri dans la province, dont près de 42 % à Montréal.

Pour faire face à la crise du logement et à la pénurie de ressources pour les personnes en situation d’itinérance, Soraya Martinez Ferrada prévoit dans son plan des « 100 jours » la création d’un Groupe d’intervention tactique sur l’itinérance, doté d’un budget de 120 millions de dollars et appuyé par un inventaire de terrains vacants appartenant à la Ville.

Elle propose également d’accélérer la construction de logements hors marché sur des terrains municipaux, en simplifiant les démarches administratives et en réduisant les coûts afin d’atteindre 20 % de logements abordables. Elle s’engage aussi à mettre en place un registre des loyers, l’un de ses principaux engagements.

Forte d’une carrière couvrant les trois paliers de gouvernement — municipal, provincial et fédéral —, Soraya Martinez Ferrada s’est forgé une réputation fondée sur le travail communautaire, la gestion de projets et la recherche de solutions concrètes aux défis urbains.

Son expérience, tant municipale que fédérale, lui a permis de développer une vision globale des enjeux urbains et des possibilités offertes par la diversité sociale, culturelle et économique de Montréal. 

Son leadership, empreint d’empathie, et son parcours de réfugiée lui permettent de rassembler divers acteurs — gouvernements, entreprises et organismes communautaires — pour atteindre des objectifs communs et accélérer les solutions coordonnées avec la province et le secteur privé.

 

Photos: Ensemble Montréal.

*Avec des photographies et informations tirées des médias locaux, des réseaux sociaux et d’Ensemble Montréal.

Releated Posts